Mine de rien, les français sont plus sensibles à l’écologie que ce que l’on ne pourrait penser.

Suite au projet de loi contre le gaspillage notamment alimentaire, un rapport a été fait à propos des français et de leur implication dans la lutte contre le gaspillage. Cet article nous révèle des chiffres plutôt encourageants.

Un article de La Dépêche, publié le 26/10/2019

Les Français prêts à lutter contre le gaspillage



Dans le sillage de la journée contre le gaspillage alimentaire du 16 octobre dernier et du projet de loi anti-gaspillage examiné par l’Assemblée nationale d’ici la fin de l’année, l’institut BVA s’est penché sur le rapport des Français au gaspillage via l’Obseratoire de la vie quotidienne des Français BVA-La Dépêche du Midi du mois d’octobre. L’occasion d’aborder les pratiques relatives au gaspillage et les «bons gestes» en la matière, le rapport au gaspillage alimentaire ainsi que le regard porté sur le projet de loi anti-gaspillage présenté par le gouvernement.

Un enjeu pour deux tiers des Français

Dans un contexte marqué par l’adoption du projet de loi anti-gaspillage par le Sénat, plus de neuf Français sur dix se disent concernés par le sujet du gaspillage (95%) et près d’un Français sur deux se déclare même très concerné (49%). Dans le détail, les sympathisants EELV (73% de “très concernés”), les cadres (62%) et les sympathisants LREM (57%) se montrent particulièrement attentifs à cet enjeu.

De plus, près des deux tiers des Français se sentent davantage préoccupés qu’avant (63%) (contre 33% jugeant leur préoccupation stable et 4% étant moins préoccupés qu’il y a 2 ou 3 ans). Une préoccupation en hausse que l’on rencontre notamment chez les jeunes (73%) et les sympathisants EELV (73%) dans le sillage des mobilisations pour le climat.

Par ailleurs, les Français se montrent très partagés concernant les répercussions du gaspillage. Plus d’un tiers d’entre eux considèrent le gaspillage avant tout comme une nuisance à l’environnement (38%) devançant de peu le fait de perdre de l’argent (31%) et la privation indirecte des personnes dans le besoin (31%).

Enfin, concernant la lutte contre le gaspillage, les interviewés estiment majoritairement qu’il s’agit d’abord de l’enjeu de chaque citoyen (71%) et des acteurs de la grande distribution (66%). Seuls 26% mettent en avant le rôle des pouvoirs publics et 21% celui des entreprises.

Réceptifs aux bons gestes
Notre étude montre que les Français sont très majoritairement sensibilisés aux bons gestes contre le gaspillage.

A propos de leurs habitudes de consommation, une large majorité de Français prend régulièrement en compte la durabilté (92%), la possibilité de réparer les produits (75%) et dans une moindre mesure l’impact écologique des composants des produits qu’ils achètent (64%).

Plus de 8 Français sur 10 mettent en place ou envisagent de mettre en place des actions en faveur de la réduction du gaspillage, telles que la pratique du tri sélectif (99% dont 93% le faisant déjà), le fait de privilégier la réparation des objets (98% dont 76% le faisant déjà), le fait de privilégier le don des objets au lieu de les jeter (97% dont 78% qui le font déjà) et la récupération des produits invendus dans les supermarchés et les boulangeries (83% dont 33% qui le font déjà).

Favorables au projet de loi anti-gaspillage
Un Français sur deux déclare avoir déjà entendu parler du projet de loi anti-gaspillage (51%) porté par le gouvernement. Une notoriété plus forte notamment auprès des sympathisants RN (60%) et des 65 ans et plus (57%).

Si les Français semblent très favorables aux propositions faites dans le projet de loi anti-gaspillage, telles que l’obligation pour les distributeurs de reprendre gratuitement un ancien appareil (70% de “très favorables”), l’interdiction de la destruction de tous les produits invendus (68%), ils semblent moins convaincus concernant l’instauration d’un bonus-malus pour favoriser les produits meilleurs pour la planète (40% de “très favorables”).

On observe de fortes disparités socio-démographiques quant à l’adhésion aux propositions formulées dans la loi anti-gaspillage. Ainsi, les 65 ans et plus, les sympathisants EELV et LREM se montrent plus favorables que la moyenne tandis que les sympathisants RN y adhèrent moins.

Les applications plébiscitées
Environ un Français sur six déclare utiliser des applications permettant de récupérer les invendus des magasins d’alimentation (16%) et 56% seraient intéressés par leur utilisation. Dans le détail, les utilisateurs des applications sont davantage les moins de 35 ans (30%), les employés (25%) et les cadres (24%).

Stop au gâchis alimentaire
Au sujet du gaspillage alimentaire, si les Français ont intégré les principaux gestes contre le gaspillage, tels que la préparation d’une liste de course (89% le font), la consommation de certains produits même si la date est dépassée (88%) ou encore la congélation des restes (84%), ils sont un peu moins nombreux à préparer leurs menus à l’avance (57% le font déjà) ou à donner de la nourriture à leurs proches ou à leurs voisins (41%).

Par ailleurs, lorsqu’ils jettent des produits alimentaires, les Français jettent surtout du pain (23% le font régulièrement), des fruits ou des légumes (21%) ou des plats non terminés (20%). Une pratique plus répandue chez les moins de 35 ans et les cadres.
BVA : Société d’études et conseil EELV Europe Ecologie Les Verts LREM : La République En Marche RN : Rassemblement National

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