La Corée du Sud se rattrape (presque) en terme de gaspillage alimentaire

La Corée du Sud, mauvaise élève auparavant, recycle aujourd’hui 95% de ses déchets alimentaires. Cependant, il est important de souligner que même si les restes et déchets alimentaires en question sont compostés, cela n’évite en aucun cas le gaspillage des ressources avant consommation qui n’est d’ailleurs pas traité dans cet article. Une question se pose donc : ne vaudrait il pas mieux éviter le gaspillage que de trouver des issues une fois celui ci réalisé ?

Un article de Paris Match, publié le 20/11/2019, rédigé par E.M

Autrefois mauvaise élève, la Corée du Sud recycle maintenant 95 % de ses déchets alimentaires



Alors qu’il y a encore plus de 20 ans, la Corée du Sud recyclait seulement 2 % de ses déchets alimentaires, le pays est maintenant devenu un modèle en la matière.

Alors que des millions de personnes souffrent de la faim dans le monde, plus d’un milliard de tonnes de nourriture sont gaspillées chaque année. Selon un rapport du Forum économique mondial*, réduire le gaspillage alimentaire à 20 millions de tonnes pourrait aider à transformer les systèmes alimentaires mondiaux d’ici 2030. Bien que certaines solutions soient prises à l’échelle nationale (comme la loi française qui oblige les supermarchés à donner ses invendus alimentaires), le gaspillage alimentaire reste très élevé, notamment en Amérique du Nord et en Europe.

Un pays dans le monde tire cependant son épingle du jeu. Autrefois mauvaise élève, la Corée du Sud a réussi à s’améliorer drastiquement en un peu plus de 20 ans. En 1995, le pays recyclait seulement 2 % de ses déchets alimentaires malgré le taux élevé de gaspillage des Coréens. Alors que les Européens jetaient 95 kg de nourriture par an, et les Nord-Américains 115 kg, les Sud-Coréens jetaient eux 130 kg chaque année. Une des raisons relevée par le Forum économique mondial proviendrait de la manière de manger des Sud-Coréens. Le banchan, un plat traditionnel du pays, accompagne les repas des Sud-Coréens et reste très souvent inachevé. « Il doit y avoir un changement dans nos habitudes alimentaires, comme le passage à une culture culinaire à assiette unique comme dans d’autres pays, ou du moins la réduction de la quantité de banchan que nous proposons », suggère Kim Mi-hwa, présidente du mouvement zéro déchet coréen, auprès du Huffington Post*.

Des mesures draconiennes pour mieux recycler
Le gouvernement sud-coréen a pris des mesures radicales pour s’assurer que la nourriture gaspillée soit recyclée. Ce virage à 360 degrés a été pris en 2005 avec l’interdiction d’envoyer de la nourriture dans les décharges. Le recyclage des déchets alimentaires est également obligatoire depuis 2013, à l’aide de sacs biodégradables spéciaux. Ces sacs coûtent en moyenne 6 $ par mois, ce qui pousse les citoyens à privilégier le composte domestique.

À Séoul, la capitale du pays, 6 000 poubelles automatisées sont équipées de balances et pèsent les déchets alimentaires au moment de leur dépôt. Grâce à ce système de redevances basées sur le volume de déchets, les résidents sont facturés en fonction du poids de leurs poubelles. Selon les responsables de la ville, cette responsabilisation à travers un système de paiement a permis de réduire de 47 000 tonnes les déchets alimentaires dans la ville en six ans. En plus de réduire les frais des résidents, une économie budgétaire se ressent également au niveau de la ville qui a économisé au cours de ces six années 8,4 millions de dollars en frais de collecte.

Pour les déchets collectés via les sacs biodégradables, ils sont ensuite pressés à l’usine afin d’éliminer l’humidité. Le gaspillage alimentaire est composé d’environ 80 % d’humidité. Alors que le liquide créera du biogaz et de l’huile biologique, les déchets secs seront transformés en engrais pour soutenir le mouvement agricole urbain en plein essor dans le pays. Les fermes urbaines représentent l’équivalent de 240 terrains de football à Séoul. Alors que certaines sont construites entre deux immeubles, d’autres se perchent sur les toits de bâtiments municipaux, ou dans les caves d’immeubles pour la culture de champignons. Cette activité, fortement favorisée par la ville qui finance entre 80 et 100 % des frais de démarrage, ne fournit pas seulement de la nourriture, mais créent également des liens sociaux entre les habitants, souvent isolés.

Forum économique mondial : voir lien

Huffington Post : voir lien

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